dimanche 24 avril 2011

Le bout du Congo


Après trois heures d'une piste exécrable (à cause des pluies des jours précédents), c'est Muenda, ville-terminus de la République Démocratique du Congo.
C'est une petite ville de bord de mer, ancienne station balnéaire réputée, aujourd'hui un peu à l'abandon (comme le reste du pays a-t-on envie de dire), avec des km de plage, le long d'un océan un peu maronnasse-verdâtre, mais c'est beau, tranquille, endormi.



Au restau, on mange des cossas et des langoustes, puis on se fiche sur le sable parce qu'il fait beau et chaud, comme disent les contre-péteurs belges.
A quelques km au sud, c'est la pointe de Banana, juste en face de l'Angola dont on aperçoit la ville de Soyo de l'autre côté de l'embouchure du fleuve. C'est le bout du bout du Congo.


Pour y parvenir, il a fallu traverser un camp militaire, constitué de vieilles baraques coloniales vétustes, dans lequel vaquent femmes en pagne, enfants, poulets et cochons. Tout cela ne semble pas très martial pour la seule base navale des FARDC, comme je le fais remarquer au colonel Jean-Yves qui nous accompagne. Le colonel, ça le fait sourire, il dit qu'il y a deux navires de guerre normalement, mais que là, ils sont en panne. Puis il me raconte qu'il a fait l'école de guerre à Nankin, en Chine, et que là-bas, les gens n'avaient jamais vu de noirs, sinon à la télé dans les téléfilms américains, et qu'en conséquence, ils étaient très intrigués par ce Congolais en Chine, et ils venaient le toucher pour vérifier qu'il n'était pas une illusion d'optique.


Le soir, on fait la fête sur la plage, ou bien on va boire des primus dans des paillotes. Ca sent vraiment les vacances.
A Muenda, la seule activité économique, à part la pêche, c'est le pétrole, exploité par Perenco. Alors, quand on roule sur la piste vers le Nord (vers Cabinda : au Sud c'est l'Angola, et au Nord, c'est encore l'Angola), on croise des pompes-cheval, comme dans les films américains.


Et le fleuve alors ? Il est toujours là, pas loin, il s'est séparé en plusieurs bras, il s'est entouré de mangroves, il s'est mélangé avec l'océan, mais il parait qu'il continue encore, sur 35 km, dans l'Atlantique, avant de se diluer complétement dans la masse d'eau salée.


1 commentaire:

Simon Templar a dit…

bonjour, magnifique reportage photos ainsi j'aimerai avoir un peu plus d'informations concernant Muanda voici mon adresse email: menshine.st@gmail.com

Mes salutations.