dimanche 18 septembre 2011

Champion d'Afrique de tous les féticheurs

Commune de Kintambo, Kinshasa, 19 septembre.

Le gala de catch a lieu pas très loin de chez moi, en pleine rue, et doit commencer à 15 heures. Finalement, ce sera 19 heures, mais tout le monde est là, les champions d'Angola qui, exceptionnellement, ont fait le déplacement, les héros de Kintambo qui vont montrer de quel bois ils se chauffent, la fanfare, les arbitres, les officiels, les 5 mundeles (qui ont droit à la chaise en plastique, évidemment), et la marée des gamins du quartier, chauffés à blanc.

Je passe rapidement sur les premiers combats, dont on retiendra essentiellement la prestation d'Etudiant qui a littéralement écrasé ses adversaires, et la défaite très contestée (on frôle l'émeute dans le public) de Maître Japana face à un catcheur portant fièrement un t-shirt "Turbo King"*.




Le véritable clou du spectacle, c'est l'entrée en scène d'un extraordinaire catcheur en tutu et gants blancs, qui arbore les couleurs de l'Angola (sans que l'on sache s'il est vraiment de cette nationalité), et qui est ovationné par les gamins qui considèrent que c'est le meilleur catcheur du monde. Malheureusement, je n'ai pas réussi à retenir son nom (quoiqu'il fût longuement scandé par la foule).


"Tutu et gants blancs" n'est peut-être pas un grand catcheur, du strict point de vue sportif, mais il est visiblement un as du combat magique, et il ne manquera pas de le démontrer : les sortilèges foisonnent et il danse continuellement (de manière assez moqueuse, j'ai trouvé) pour hypnotiser tout le ring, arbitre compris. Dès lors, les jeux sont faits, et les ko se multiplient. A la toute fin du combat, il pose un carton sur l'un de ses adversaires inanimé, et en sort des richesses insoupçonnées (d'autant plus insoupçonnées qu'il avait préalablement montré le dit carton au public, et qu'il était absolument vide) qu'il jette généreusement à la foule : boites de sardines, paquets de spaghettis, paquets de mouchoirs, et, apothéose, des liasses de billets. Le résultat ne se fait pas attendre, c'est la cohue absolue autour du ring.
La ceinture "Champion d'Afrique de tous les féticheurs" est brandie, et c'est un titre difficilement discutable.

Après un ou deux combats plus ou moins ratés (dont un abandon), c'est autour de la deuxième star angolaise de monter sur le ring : Gudzila, soi-même.


Pour être honnête, Gudzila, "campeão de luta livre", suscite moins d'enthousiasme que son prédécesseur magicien, mais son costume est un rien chouette, et il a l'air de cogner sacrément fort. La tenue de son adversaire congolais me plait bien aussi, dans son style plus sobre, mais ça ne change rien à l'affaire, Gudzila le ratatine quand même et est sacré champion d'Afrique (ou un truc comme ça).


Le catch congolais est le sport le plus génial du monde.



* une bière congolaise, si vous savez pas.

4 commentaires:

Benito a dit…

Et dire que j'aurais pu aller au stade ET au catch.
Déprime.

Matthew Lippart a dit…

Comment est-ce que je découvre quand le prochain événement de lutte est ?

email at mlippart@gmail.com

Appollo a dit…

On ne sait jamais vraiment quand aura lieu un match ! Il faut avoir l'oeil et compter aussi sur le hasard.

lifelo moto moto a dit…

tjr en mt godjila dela par de alain lifelo ,moi je suis un temoin de godjila ,ns avons participer ensemble pendant 10ans .ok se un fort