lundi 4 janvier 2010

Catch à Kinshasa

Dimanche 3 janvier, 16 heures : matchs de catch à Ngiri-Ngiri, commune de Kinshasa.

A l'origine de cet évènement que j'attendais depuis longtemps, la création d'un tout nouveau club, le catch club Zenga-Mambu, qui avait pour l'occasion invité à son gala d'inauguration les stars de la ville : Nanda Steven*, le champion en titre des deux Congo, Etats-Unis, l'actuel champion de Kinshasa, ou Chien Méchant, la terreur de la ville.

L'ambiance générale est à la fête, évidemment, et des centaines de gamins des quartiers avoisinnants ont fait le déplacement pour l'évènement. On se croirait dans "Spirou sur le ring".
Le ring, justement, a été monté au milieu de l'avenue, entouré de barrières de sécurité et quelques flics font le service d'ordre, mais il faut dire qu'il s'agit pour eux essentiellement de contenir l'enthousiasme populaire, car l'atmosphère est très bon enfant (quelques coups de chicote tomberont tout de même, au cours de la soirée).

En tant que seul mundele de l'assistance on m'offre un siège en plastique dans la tribune VIP, et je me retrouve assis à côté du président de la fédération congolaise de catch et d'autres personnalités (que je n'ai pas vraiment su identifier), tous également sympathiques.

Une sono a été installée, et en attendant que le speaker vienne commenter les matchs, on y diffuse à plein décibels les tubes du moment (plus tard, une jeune femme fera la présentation du nouveau club Zenga-Mambu).

Il y aura donc ce soir pas moins de 7 matchs, 10 mn sans pause chacun (sauf le match à 6 qui durera 15 mn sans pause), mais malheureusement, le choix a été fait de catcher "sans fétiches", annonce le speaker (zut).
Les premiers catcheurs arrivent par l'avenue, assis sur les capots de jeeps ou de coupés Mercedes, accompagnés de fanfares joyeuses et entourés de dizaines de gamins en délire. Un clown s'agite pour faire monter l'ambiance.
Le premier match voit s'affronter deux jeunes athlètes en début de carrière. Le combat est loyal, le public, déjà chaud, applaudit à tout rompre les prises.
Le speaker, toutefois, les presse d'en finir, car il faut enquiller les 6 autres matchs avant la nuit complétement tombée (le seul lampadaire de la rue ne suffisant sans doute pas à éclairer correctement le ring en plein air).
Arrive sur scène alors Colonel Bradock, visiblement très soutenu par le quartier, et les choses s'enveniment : les coups sont parfois à la limite de la légalité, et on n'hésite pas, à plusieurs reprisesà s'envoyer hors du ring. Le public retient son souffle, Colonel Bradock semble en difficulté, et il souffre. Finalement, il se ressaisit, accélère le rythme, assène une série de coups, multiplie les prises spectaculaires et, alors que le speaker hurle des encouragements pour l'occasion en lingala, achève son adversaire. Satisfaction générale.

Montent sur le ring les deux premières stars de la soirée, à savoir Arc-en-Ciel et son imposant adversaire Marocain.
Marocain, nous annonce le speaker, est deuxième dan de karaté, et il n'hésitera pas à le prouver en assénant moults atémis au malheureux Arc-en-Ciel. Surtout, Marocain a la particularité d'être particulièrement gros, ce qui lui donne un avantage certain pour les immobilisations au sol. Mais Arc-en-Ciel a pour lui une vélocité surprenante, et le soutien du public. Il finit par l'emporter grâce à ses actions aériennes.
Le quatrième combat est très attendu, puisqu'il s'agit d'un match à six. La vedette, à la fois haïe, adulée et moquée, est Policier ("policier dans le privé" précise le speaker). Il dénote par l'uniforme qu'ilporte et on physique ingrat. Evidemment, il en fait des tonnes, chancelle de manière burlesque à chaque coup reçu et finit allongé par terre hors du ring. Le public est aux anges.
Mais le clou de la soirée est l'entrée en scène, pour le cinquième combat, de Chien Méchant, qui va affronter Zéphyr*. Une immense pagaille annonce son arrivée : Chien Méchant est retenu par des chaînes que tient son coach, mais il se précipite sur la foule pour la mordre, ce qui créé un vaste mouvement de panique. Dieu merci, il ne réussit à ne blesser personne. On le détache une fois sur le ring, et il se jette sur l'arbitre qu'ilmord jusqu'au sang. Le public hurle, le speaker s'indigne, et Zephyr n'est toujours pas là pour dompter ce fou furieux.
On change l'arbitre, et enfin Zéphyr arrive.
Le combat est très violent, mais Zéphyr répond à la rage de Chien Méchant par une grande efficacité dans les coups et les prises. Le public scande son nom. Las, Chien Méchant se voit soudainement épaulé (de manière tout à fait illégale, de mon point de vue) par son coach qui réussit à immobiliser Zéphyr en lui écrasant la tête avec le pied. Le public est outré. Chien Méchant s'acharne sur le pauvre Zéphyr. Il finit par se dégager et assomme ses deux adversaires en quelques coups douteux (on soupçonne le recours aux fétiches, pourtant interdits lors de ce gala).
L'avant-dernier combat est desplus classiques et n'attire guère l'attention (malgré sa bonne qualité technique), car le public suit captivé la dispute violente qui éclate entre Etats-Unis, le champion de Kinshasa, venu faire un bref discours, et Zéphyr encore auréolé de sa récente victoire. L'objet de la querelle me reste incompréhensible car les deux athlètes s'expriment majoritairement en lingala.
Enfin, la soirée s'achève par le combat de Nanga Steven*, le catcheur masqué qui a remporté il y a quelques mois le titre prestigieux de champion des deux Congo à Brazzaville. Il affronte deux autres catcheurs en même temps, qui n'hésiteront pas à multiplier les irrégularités (en utilisant, par exemple, un panneau comme arme) pour tenter de l'emporter. Rien n'y fera, Nanga Steven est un grand champion et il les envoie tous les deux au tapis.
Le gala s'achève par l'invasion du ring par et une baston générale entre les différents catcheurs et leurs équipes. Malheureusement, la batterie de mon appareil photo a déjà rendu l'âme.
* Je ne garantis pas avoir bien entendu le nom

samedi 2 janvier 2010

Year of the Ratel

Il y a trois ans de cela, j'apprenais l'existence du ratel, par un ami qui en avait croisé un - dans des circonstances assez ridicules, je dois dire - en Namibie.
Depuis lors, je m'étais fixé comme objectif suprême de mon séjour en Afrique d'en voir un, en vrai.

Las, j'ai eu beau écumer les savanes et les parcs d'Angola, de Namibie, de Zambie, du Botswana, d'Afrique du Sud, fouiller les jungles les plus impénétrables des deux Congo, arpenter les côtes de São Tomé, les rives de la Charente, les plages de Juan de Nova, rien n'y a fait, pas de ratel. A croire que l'animal relevait du fantasme cryptozoologique (au même titre que le dahut ou le Big Foot).
Les rangers que j'interrogeai, eux mêmes, m'affirmaient que l'animal était quasi impossible à voir.

Et voilà pas qu'il y a quelques jours, je trainais mon dépit ratelique au zoo de Johannesbourg, quand je m'avisai que le logo de l'établissement représentait bel et bien un RATEL !


Bon dieu (de bordel de merde), m'exclamai-je en mon for intérieur, cela veut peut-être dire que le zoo de Jozi en possède un ?!

Eh bien oui, mes amis, je peux enfin mourir tranquille (mais pas tout de suite - tout de suite), car J'AI ENFIN RENCONTRE LE MYTHIQUE RATEL.

La preuve en images (vous excuserez la piètre qualité des photos, les larmes d'émotion m'empêchaient de faire mieux) :

Max le gorille


En 1997, Isaac Mofokeng, qui vient de commettre un viol et un cambriolage, essaie d'échapper à la police de Johannesbourg en se planquant au zoo de la ville.

Assez bêtement, au lieu de choisir l'enclos des impalas (par exemple), il se réfugie dans la cage de Max le gorille, l'une des vedettes de l'établissement. Le gorille goûte peu cette intrusion chez lui, surtout par un homme armé. S'ensuit une rixe assez violente : Isaac tire deux fois au pistolet sur Max, et Max riposte avec ses poings.
Finalement, la police intervient, et l'homme et le gorille sont envoyés à l'hôpital pour des soins intensifs.

Isaac est condamné à 40 ans de prison pour cambriolage, viol et blessures sur gorille (quoiqu'il ait prétendu avoir tiré sur Max en légitime défense). Max devient le symbole de la lutte contre l'insécurité urbaine en Afrique du Sud (insécurité qui atteint son paroxysme à cette époque), et connait une véritable gloire internationale.


Max le gorille est mort le 5 mai 2004, et la ville de Johannesbourg lui a élevé une statue (notre photo, prise au zoo de la ville). Isaac est toujours en prison, semble-t-il.

mardi 15 décembre 2009

dimanche 13 décembre 2009

Dimanche à Kinshasa

Dimanche, les flics kinois sont moins nombreux : on circule donc plus paisiblement et on peut même envisager de prendre quelques photos.