samedi 27 avril 2013

Lancement de Kanyar

Je n'y étais pas, je le regrette amèrement. Kanyar, la revue littéraire imaginée par André, a été lancée hier soir au Monte-en-l'air. Il y avait des samoussas, des bouchons, des écrivains (en herbe ou pas).


Maintenant, il faut l'acheter cette revue. Cliquez dans les liens à Revue Kanyar, tout est expliqué.

jeudi 25 avril 2013

Le triomphe de la soumission

Geneviève Fioraso est ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Mme Fioraso a eu deux idées géniales : enseigner l'anglais dès la maternelle, et imposer des cours en anglais à l'université.

«Si nous n’autorisons pas les cours en anglais, aurait-elle dit, nous n’attirerons pas les étudiants de pays émergents comme la Corée du Sud et l’Inde. Et nous nous retrouverons à cinq à discuter de Proust autour d’une table, même si j’aime Proust…»*

J'imagine que c'est le fameux modèle scandinave : tu parles une langue tellement minoritaire, qu'il vaut mieux utiliser l'anglais, la langue des winners**.
C'est tellement con, tellement insupportable comme idée, que j'en reste bouche bée.
Moi qui préfère utiliser le français et toutes ses subtilités de registre, je chie à la gueule du projet de loi Fioraso - non, ce n'est pas du Proust.

On parle de ce projet de loi ici, et encore

** formule particulièrement stupide d'ailleurs, car soit Mme Fioraso considère que l'un des plus grands écrivains mondiaux ne nécessite pas que l'on discute de son oeuvre, soit elle considère qu'on devrait le faire en anglais - ce qui est, en littérature, un non-sens absolu.
* et je préfère de loin les rappeurs français aux rockeurs français pour cette raison là : ils n'ont pas abdiqué, ils disent quelque chose, ils ne se la pètent pas en globish merdeux.

mercredi 24 avril 2013

Le Kamanyola



Et enfin, le Kamanyola.
Sans lieutenant Paulin, pas d'accès aux chantiers navals de Ndolo. Il est bientôt 18 heures, le chantier est fermé - si tant est qu'il y ait eu des travailleurs un peu plus tôt - et la lumière de la fin de journée est parfaite pour découvrir le Kamanyola.




Mais qu'est-ce qu'il nous emmerde avec son Kamanyola celui-là ? Eh bien, mes petits, le Kamanyola est un bateau mythique, c'était le yacht personnel de Mobutu, avec lequel il montait et descendait le fleuve, et qui lui servait même de demeure permanente à la fin de son règne. Le Kamanyola, anciennement le "Léopard", était d'une certaine manière le symbole du Zaïre mobutiste : bateau immense, au luxe tapageur, avec disait-on boite de nuit intégrée, il possédait un héliport et une cave à vins fameuse.
Stephen Smith, il y a plus de 20 ans, racontait une remontée du fleuve ici.




Depuis la prise de pouvoir de Kabila père, je ne sais pas si le bateau a véritablement navigué - lieutenant Paulin prétend que si. En tout cas, il a changé une nouvelle fois de nom, et une victoire mobutiste (au Sud-Kivu) a été remplacée par une victoire kabiliste : adieu M/S Kamanyola, voici le Lemera.
Colette Braeckman visitait le bateau juste après le changement de régime ici.




J'aurais aimé monter sur le pont, me balader dans les coursives, visiter les cabines, voler la toque de léopard empoisonnée, mais malheureusement le bateau appartient à la présidence, des soldats le squattent et interdisent son accès.


Alors, à deux pas du fleuve qui charrie ses îles végétales, je ne peux qu'admirer le géant sur cales, et l'imaginer remonter le Congo jusqu'à Mbandaka, Lisala, Bumba ou Kisangani.


Gare Centrale


 Des rails, il y en a partout dans Kin : sur Poids-Lourds, le long de la Gombe, au beach Ngobila, sur la route de Matadi et évidemment entre gare Centrale et l'aéroport de Ndjili. Je dis évidemment, parce que Gare Centrale-Ndjili est le dernier tronçon de chemin de fer à encore fonctionner (bien que régulièrement le gouvernement annonce la remise en service d'autres segments).


Ce train urbain, on ne le voit pas tellement fonctionner, mais quand il passe, c'est un spectacle incroyable : des grappes humaines débordent de partout, des portes,des fenêtres, du toit des wagons. Les histoires les plus étonnantes courent à son sujet, on dit qu'il est un nid à kulunas, que des bastons mémorables s'y sont déroulées, que personne ne paie son billet, que tel quartier a organisé une attaque en bonne et due forme pour se venger des gars de tel autre quartier, que la ligne a été suspendue un an tant c'était devenu n'importe quoi, bref, le train urbain de Kinshasa, c'est le frisson de la vie kinoise.


Bon, j'exagère un poil, car avec les 5 chantiers, le train a été rénové, et les employés de la gare font désormais assez gaffe aux resquilleurs. N'empêche, depuis que Philippe et moi avons décidé de faire un jour le trajet, la plupart des Kinois à qui nous en parlons poussent des cris d'effroi : "On va vous chicoter !" "On va tout vous dérober !" "Les kulunas vont vous mettre à poil" "Vous allez vous faire frapper !". Il faut toutefois préciser qu'évidemment, aucun de ces oiseaux de mauvais augure ne l'a jamais pris. Seul l'excellent Freddy Tsimba s'est montré enthousiaste ("Je viens avec vous les gars, j'en ai toujours rêvé").


En sortant du zoo, la voiture de Ben (je rappelle que Ben m'a sorti aujourd'hui, dans l'objectif d'aller voir le Kamanyola, le bateau de Mobutu) passe devant la gare centrale où règne une certaine animation. Lieutenant Paulin nous explique qu'il est 17 heures, et que c'est le départ du train pour Ndjili. Il précise : "le train part de Ndjili à 8 heures du matin, et ne repart qu'à 17 heures - entre ces deux horaires, il ne fonctionne pas", il ajoute : "le billet coûte 400 francs, il doit y avoir 5 stations intermédiaires, il faut 30 minutes pour relier les deux terminus" - je me permets d'être un peu sceptique sur la durée réelle du trajet, mais je ferme ma gueule.


Allez, on fait un tour à la gare pour voir le départ du train mythique ! (et Lieutenant Paulin engueule les kulunas qui viennent aussitôt nous accoster).





Une journée au zoo




Ben me téléphone et me dit "ça te dit d'aller voir le bateau de Mobutu ?", ben ouais, ça me dit. Il vient donc me chercher, en compagnie du lieutenant Paulin et d'un autre militaire congolais dont j'ai oublié le nom (en -ain aussi, genre Sylvain ou Firmain), mais lieutenant Paulin souhaite que nous fassions d'abord un tour au zoo de Kinshasa. Ben y est déjà allé plusieurs fois, mais moi jamais, ça tombe bien.
Le zoo de Kinshasa est connu mondialement pour avoir été un des lieux où dormaient les Benda Bilili à l'époque où ils étaient SDF. Les quelques amis qui y avaient été m'en avaient fait une description un peu effrayante, celle d'un mouroir pour animaux.




C'est un peu le cas, mais pas complètement. D'abord, le zoo est bien plus vaste que j'imaginais, ensuite on y trouve une variété d'animaux assez étonnante (ce n'est pas Vincennes, Sydney ou Johannesburg ok, mais c'est pas si mal pour une ville ou un pays au fond du gouffre).
Les singes (cercopithèques, chimpanzées etc.) en sont de loin les locataires les plus nombreux. Evidemment, derrière leurs barreaux, dans leurs cages vétustes, ils tirent un peu la gueule.



Plus loin, on trouve des petits mamifères : genettes, civettes, porcs-épics, chacals (amochés), servals, et léopards.



Il y a aussi des piafs, une antilope (un guib), un cheval, des crocos, des serpents et une coccinelle.




mardi 23 avril 2013

Un lycée français ne ferme jamais


A Bangui, la situation, depuis la prise de pouvoir par la Seleka, ne cesse de se dégrader. La semaine dernière "les pillages et les tirs ont fait une vingtaine de morts et mardi il y a eu le lynchage d'éléments de la Seleka" (RFI), et "pour Nicolas Tiangaye (premier ministre de RCA), tout est à reconstruire en Centrafrique et la situation sécuritaire est tellement catastrophique qu’un quart de la population a fui la capitale pour se réfugier dans la brousse"(RFI toujours - qui d'autre ?).

Tout à l'heure, j'ai discuté (via FB) avec une copine collègue du lycée français de Bangui, elle m'a décrit la situation terrifiante d'une ville aux mains d'enfants soldats qui terrorisent la population, d'hommes du Nord qui pillent, qui violent, de coups de feu continuels.
Les profs du lycée ne sortent plus, se sont regroupés les uns chez les autres, ont été pillés pour certains, conjoints et enfants sont partis, les classes sont évidemment désertées (ne restent que les élèves centrafricains qui n'ont pas pu s'enfuir). Mais le lycée fonctionne, car un lycée français ne ferme jamais, c'est la règle.

 Au passage, Colette Braeckman ne manque pas de faire un parallèle avec la situation en RDC (ici).

vendredi 19 avril 2013

Soirée Kanyar !

Soirée de lancement de Kanyar le vendredi 26 mai à partir de 18h30 à la librairie Le Monte-en-l'Air, à Paris, XXe.
Des infos pour s'y rendre ici : http://montenlair.wordpress.com/about/


(tu peux découper ton écran pour obtenir l'invitation)