jeudi 17 mai 2012

Le Mzee à Kinshasa

17 mai 1997, Laurent-Désiré Kabila entre victorieusement à Kinshasa. Fin du mobutisme, jour férié.

lundi 14 mai 2012

Le démon du fleuve

Aujourd'hui, Piroins est venu me voir, très agité, pour me montrer un petit film sur son téléphone portable : on a capturé un démon dans une rivière du Congo (du Congo d'en face).
A l'image, on découvre effectivement une sorte de monstre au visage effrayant, les cheveux blonds, dont le corps se termine en une longue queue de serpent enroulée sur elle-même. Le son, surtout, produit son petit effet : une sorte de plainte-cri à glacer le sang revient en boucle.
L'histoire de ce démon pêché dans la rivière a rapidement fait le tour de la ville, et à peu près tous les kinois en ont entendu parler (et je suppose tous les brazzavillois aussi).
Voilà la version de l'histoire selon Piroins et ce que j'ai pu entendre ici et là :
Dans le nord du Congo-Brazza, plus précisément à Makouabenga (district de Makoua), les Chinois qui y construisent un pont, se heurtent depuis plusieurs semaines à un grave problème : régulièrement les piles du pont s'effondrent de manière tout à fait mystérieuse. Les gens des environs avertissent les cadres chinois qu'il s'agit très vraisemblablement d'une mami-wata, une sirène, un démon de la rivière, qui s'oppose férocement à la construction. Ils ne pourront rien y faire car si les esprits refusent que l'on construise un pont, il n'y aura pas de pont. Les Chinois ne sont pas du genre à se laisser impressionner par des créatures magiques, fussent-elles congolaises, surtout s'ils ont un chantier à terminer. Ils font donc appel à un spécialiste des créatures démoniaques, qu'ils font venir directement de Chine, à grands frais. Le spécialiste étudie la question, fait les cérémonies qu'il faut faire, et, accompagné d'une équipe de 7 hommes (tous chinois), plonge dans la rivière pour capturer le démon. Que se passe-t-il dans la rivière ? Mystère. En tout cas, trois des chasseurs de monstres sont retrouvés morts, mais le spécialiste et le reste de l'équipe reviennent avec le démon qu'ils ont capturé. C'est lui que l'on voit dans cette vidéo qui fait le tour de l'internet congolais et que la chaîne Digital Congo a diffusée avant-hier soir à Kinshasa.


Que sait-on de ce démon ? D'abord, il ne s'agirait que d'un démon mineur et sa mère et ses deux soeurs seraient toujours dans la rivière. Ensuite, il aurait un nom - mais c'est à vérifier - qui serait Zintinzagouin-Nkwimbimbambimbon et (dit un commentaire trouvé sur internet) "dans le monde des ténèbres ses proches sont extrêmement fâchés. Ils menacent de faire disparaître tout le Nord du Congo si leur parent n'est pas rendu. Les féticheurs, pasteurs et autres gens de 3e oeil de cette contrée ne font plus que des cauchemars et ils ont commencé à fuir la région". Enfin, les Chinois exposeraient la créature à l'ambassade de Chine de Brazzaville et auraient souhaité la ramener dans leur pays, mais le président Sassou-Nguesso s'y est formellement opposé, car le démon appartient au Congo et il n'est pas question de l'arracher à sa terre.

Bien sûr, certains esprits forts considéreront qu'il s'agit d'un faux grossier, et ne manqueront pas de signaler que la même vidéo avait tourné il y a quelques années en Afrique de l'Ouest, avec une histoire pas très différente qui se situait, elle, au Togo puis en Côte d'Ivoire.
Bien sûr, on pourrait sourire ou s'inquiéter, c'est selon, de l'ancrage profond de la superstition en Afrique centrale.
Bien sûr, on pourra rappeler qu'on nous a déjà fait le coup et qu'une autre sirène avait été découverte à Pointe Noire, il n'y a pas si longtemps, comme l'attestent ces deux photos :



Mais ce qui est vraiment intéressant, c'est peut-être de voir comment la croyance populaire s'adapte à son époque, et ce qu'elle en dit : qu'un chantier connaisse des problèmes, et il s'agit d'une manifestation de l'autre monde, que ce chantier soit mené par des Chinois, et c'est démons contre démons, légende contre légende. Qui gagne ? Les Chinois, dont les démons (ou les chasseurs de démons, c'est pareil) sont plus forts, forcément, puisqu'ils viennent d'un pays dont les bulldozers sont capables de traverser la grande forêt équatoriale. Et le monde moderne est bien en marche, puisque les démons peuvent désormais apparaître à la télé ou sur les téléphones portables de Kinshasa.
Je n'ai pas vraiment contredit Piroins. A quoi ça servirait de faire mon connard de Mundele qui sait tout et qui dit ce qui est vrai et ce qui est faux ? Qu'est-ce que je sais de Mami-Wata et de ce qui se passe au fond de la forêt ou de ses rivières ?

mercredi 9 mai 2012

Dernier tour

Résultats du second tour des élections présidentielles françaises en RDC (unique bureau de vote de l'ambassade de France à Kinshasa) :
1389 inscrits
14 blancs ou nuls
571 exprimés
Hollande : 297 voix
Sarkozy : 274 voix

mardi 8 mai 2012

Maximort

Maurice Sendak 1928-2012

jeudi 3 mai 2012

Ex Africa

Comment s'appellera ce bouquin ? Carthage - Carthago - Kart Hadasht - La colère de Tanit - Panique à Carthage - Du rififi en Tunisie - Les Puniques - Ex Africa ?
J'en sais fichtre rien. En tout cas, le Nantais avec qui je travaille (enfin, c'est surtout moi qui bosse) avance à grandes enjambées, et je dois avouer qu'il se débrouille sacrément bien, le gaillard.
Il y aura de la violence, du sexe torride, du soleil, ce sera âpre, drôle, cruel et épique (normalement). A paraître chez Dargaud vers janvier 2013.

samedi 28 avril 2012

Cimetière de la Gombe


Bordant le boulevard du 30 juin, le cimetière de la Gombe m'était surtout connu pour la grande fête annuelle des sapeurs qui s'y tient tous les 10 février, à la date anniversaire de la mort de Nyarkos (l'un des pères spirituels de la sapologie).
C'est, dit-on, un joyeux bazar durant lequel des dizaines de sapeurs des deux capitales congolaises se retrouvent pour fêter, à leur manière excentrique, la "journée de la Sape". On escalade les tombes, on parade entre les croix, on boit de l'alcool allongé sur une pierre tombale, on y fume, on y chante, bref on fiche un sacré foutoir, auquel participent à leur façon quelques flics kinois censés contrôler la direction des opérations.
Chaque 10 février, j'oublie de m'y rendre, et c'est donc hors-saison sapologique, que je l'ai visité.

Le cimetière de la Gombe n'est pas à proprement parler d'une grande beauté architecturale (je ne sais pas si on parle d'architecture pour les cimetières). En tout cas, ce n'est ni l'esthétique hausmano-romantique du Père Lachaise, ni le gothique portugais du cimetière de Luanda. C'est juste une sorte de désordre de tombes noyées dans la végétation.


S'il y a eu des allées dans ce cimetière, elles ont depuis longtemps disparu dans le chaos des croix et des pierres tombales, et personne ne semble se soucier de ne serait-ce que débroussailler quelques sentiers pour circuler entre les morts. Tout semble à l'abandon, même les tombes les plus récentes, et il faut grimper sur les dalles, se battre contre les mauvaises herbes, rebrousser chemin régulièrement, réfléchir longuement à des itinéraires biscornus si on veut avancer dans ce fatras de croix et de végétation. Et pourtant ce désordre mortuaire n'est pas sans charme - à condition d'éviter soigneusement les gardiens, prompts à monnayer leur absence.

A la sortie, couvert de transpiration et d'herbes sauvages, j'ai fait un tour au Golf qui jouxte le cimetière : l'ambiance n'y est guère plus animée, mais c'est comme une oasis de paix et de sérénité au milieu de l'agitation continuelle de Kinshasa. Ce serait aussi un chouette lieu de rendez-vous pour les sapeurs.



mardi 24 avril 2012

Premier tour à Kinshasa

Résultats des votes du premier tour de l'élection présidentielle à l'ambassade de France en RDC :

1389 inscrits
502 votants
498 exprimés
4 annulés

Hollande : 192 voix (38,6%)
Sarkozy : 165 voix (33,1%)
Mélenchon : 43 voix (8,6%)
Le Pen : 42 voix (8,4%)
Bayrou : 36 voix (6,2%)
Joly : 15 voix (3%)
Dupont-Aignan : 4 voix (0,8%)
Cheminade : 1 voix (0,2%)
Poutou et Arthaud, zéro voix.