dimanche 14 octobre 2012
Dans les jardins de la résidence
A titre anecdotique, j'y ai croisé quelques personnalités qui me concernent directement : Fabius, mon ministre de tutelle, Lurel mon ministre de l'outre-mer, Benguigui ma ministresse de la francophonie, et Monique Orphée ma députée de la Réunion (nou la kas un ti kou la blague)
samedi 13 octobre 2012
Village francophone
Autour du stade des martyrs, le village francophone.
On y rencontre, dans le désordre, des danseurs folkloriques venus du kasaï Occidental, du Maniéma, du Katanga, des vrais chefs coutumiers, des mannequins qui défilent, des badauds qui sirotent une Primus, une bande de sapeurs en représentation, un crocodile (aussi un perroquet et une tortue d'eau non photographiés), un sosie de Mobutu, une ministre française de la Francophonie, des policiers en grand uniforme, un robot, un gouverneur du Sud-Kivu (ou du Nord-Kivu, je ne sais plus) avec une lance, des musiciens du Bas-Congo qui se reposent... Souriez, vous êtes à Kinshasa.
On y rencontre, dans le désordre, des danseurs folkloriques venus du kasaï Occidental, du Maniéma, du Katanga, des vrais chefs coutumiers, des mannequins qui défilent, des badauds qui sirotent une Primus, une bande de sapeurs en représentation, un crocodile (aussi un perroquet et une tortue d'eau non photographiés), un sosie de Mobutu, une ministre française de la Francophonie, des policiers en grand uniforme, un robot, un gouverneur du Sud-Kivu (ou du Nord-Kivu, je ne sais plus) avec une lance, des musiciens du Bas-Congo qui se reposent... Souriez, vous êtes à Kinshasa.
mardi 9 octobre 2012
Francophonie XIV
Hollande n'est pas encore arrivé en RDC, mais ses déclarations oui : "La situation est tout à fait inacceptable sur le plan des droits, de la démocratie, et de la reconnaissance de l’opposition en République démocratique du Congo. L’autre préoccupation est l’agression dont ce pays est l’objet, venant de l’extérieur, sur ses frontières, et notamment au Kivu".
Sur RFI, un rédac chef de Jeune Afrique (magazine de publi-reportages africain, anciennement journal d'information) estimait que le discours de Hollande à Kinshasa serait un anti-Dakar (ce qui est quand même le minimum que l'on puisse attendre) mais seulement un mini-La Baule (mais si, rappelez-vous, Mitterand y avait lancé la vague de démocratisation en Afrique, avec des succès partagés).
En tout cas, on espère entendre un discours clair concernant la situation dans l'Est du pays, ce qui permettrait peut-être d'en finir avec le scandale absolu qu'est cette guerre interminable dans les Kivu (dont on dit qu'elle est la plus meurtrière au monde depuis la fin de la seconde guerre mondiale).
Bongo junior, quant à lui, a annoncé un voyage au Rwanda pour évaluer les formidables progrès de ce pays dans l'usage de l'anglais. Car oui, Bongo qui est le président d'un des pays les plus entièrement francophones d'Afrique, a décidé d'instaurer l'apprentissage de l'anglais dès le primaire afin que son pays devienne rapidement bilingue.
On peut douter du résultat, mais on peut aussi s'étonner qu'à quelques jours d'un sommet de la Francophonie en RDC, Bongo fasse une telle déclaration : c'est pas très sympa pour la Francophonie et pas très amical pour la RDC en état de quasi-guerre avec le Rwanda de Kagamé....
dimanche 7 octobre 2012
dimanche 16 septembre 2012
Nouveau ! Un singe
"Découverte en ce mois de septembre, en territoire d’Opala, district de la Tshopo (Province Orientale), la nouvelle espèce de singe, surnommée “Lesula” est menacée d’extinction, selon des scientifiques congolais." (Radio Okapi)
On peut lire d'autres articles sur cette découverte ici et là.
Bienvenue au Lesula et à sa tronche particulièrement réjouissante !
On peut lire d'autres articles sur cette découverte ici et là.
Bienvenue au Lesula et à sa tronche particulièrement réjouissante !
dimanche 2 septembre 2012
Kinshasa is PUNK !
Le sms d'Arnaud 2bal disait : "Ce soir 20h espace Béjarts à Bandal, concert assez novateur car les musiciens sont proches d'une fusion entre hard rock, punk et hip hop, le tout en lingala, les gars sont plein d'énergie, entrée 2000 fc"
Je me suis souvenu de Vincent G., il y a trois ans, quand nous arrivions tout juste à Kin, qui me disait "J'aimerais voir s'il y a des groupes de rock en RDC".
Il y en a un, je l'ai vu ce soir, il s'appelle Kinshasound, et ce sont les pires dingos que j'ai vus depuis Motörhead en 1988 à l'agora d'Evry.
Pourtant, tout avait mal commencé. Lorsque nous sommes arrivés, en fait de concert punk congolais, il y avait, à l'espace Les Béjarts de Bandal, une sorte de défilé de mode pourri qui n'en finissait pas. Puis, les mecs de Kinshasound sont montés sur scène, un guitariste (guitare rose), un mec aux djembés, un batteur et un bassiste. Long morceau introductif, entre pop sage et reggae un peu chiant. Puis deuxième morceau introductif du même tonneau. L'ensemble de la troupe avec laquelle j'étais, décide de lever le camp. Arnaud, un peu désappointé, me dit "Je te jure que ça va péter du feu de dieu". Mais rien à faire, on dégage tous.
Une petite heure plus tard, pris de remords, je décide de revenir tout seul aux Béjarts.
Les portes de l'Enfer m'attendaient.
Je ne sais pas comment raconter ça.
Dans la minuscule cour en terre des Béjarts, devant un petit public constitué de semi-shégués et kulunas, les mecs de Kinshasound (les mêmes que précédemment plus trois chanteurs complètement allumés dans des tenues improbables) étaient tout simplement en train d'invoquer les démons des 8 cercles les plus reculés de l'Enfer. La guitare crachait une rythmique stoner qui venait du fin fond des abysses, basse et batterie martelaient une transe vaudou, et les trois chanteurs hurlaient comme des possédés tout en se vautrant par terre. L'apocalypse au Congo, la fin du monde, l'Armageddon.
Au milieu des hurlements, des larsens, de la bouillie sonore, l'ex joueur de djembé a allumé un carton, et a jeté l'objet enflammé dans le public, mettant illico le feu à la scène, puis les membres du groupe ont détruit l'avant-scène faite de cageots et de planches de bois, se sont roulés par terre, ont grimpé aux murs, se sont jetés par terre.
Deux chansons, 30 minutes de transe punk chamanique, du rock à l'énergie la plus pure (et la plus improbable) du monde !
Kinshasa is punk ! et à sa manière encore, c'est à dire dix fois plus effrayante que tout ce que vous avez pu voir.
Après cette transe apocalyptique, le groupe a fini par du ndombolo (tout en continuant à hurler) comme si de rien n'était.
Je me suis souvenu de Vincent G., il y a trois ans, quand nous arrivions tout juste à Kin, qui me disait "J'aimerais voir s'il y a des groupes de rock en RDC".
Il y en a un, je l'ai vu ce soir, il s'appelle Kinshasound, et ce sont les pires dingos que j'ai vus depuis Motörhead en 1988 à l'agora d'Evry.
Pourtant, tout avait mal commencé. Lorsque nous sommes arrivés, en fait de concert punk congolais, il y avait, à l'espace Les Béjarts de Bandal, une sorte de défilé de mode pourri qui n'en finissait pas. Puis, les mecs de Kinshasound sont montés sur scène, un guitariste (guitare rose), un mec aux djembés, un batteur et un bassiste. Long morceau introductif, entre pop sage et reggae un peu chiant. Puis deuxième morceau introductif du même tonneau. L'ensemble de la troupe avec laquelle j'étais, décide de lever le camp. Arnaud, un peu désappointé, me dit "Je te jure que ça va péter du feu de dieu". Mais rien à faire, on dégage tous.
Une petite heure plus tard, pris de remords, je décide de revenir tout seul aux Béjarts.
Les portes de l'Enfer m'attendaient.
Je ne sais pas comment raconter ça.
Dans la minuscule cour en terre des Béjarts, devant un petit public constitué de semi-shégués et kulunas, les mecs de Kinshasound (les mêmes que précédemment plus trois chanteurs complètement allumés dans des tenues improbables) étaient tout simplement en train d'invoquer les démons des 8 cercles les plus reculés de l'Enfer. La guitare crachait une rythmique stoner qui venait du fin fond des abysses, basse et batterie martelaient une transe vaudou, et les trois chanteurs hurlaient comme des possédés tout en se vautrant par terre. L'apocalypse au Congo, la fin du monde, l'Armageddon.
Au milieu des hurlements, des larsens, de la bouillie sonore, l'ex joueur de djembé a allumé un carton, et a jeté l'objet enflammé dans le public, mettant illico le feu à la scène, puis les membres du groupe ont détruit l'avant-scène faite de cageots et de planches de bois, se sont roulés par terre, ont grimpé aux murs, se sont jetés par terre.
Deux chansons, 30 minutes de transe punk chamanique, du rock à l'énergie la plus pure (et la plus improbable) du monde !
Kinshasa is punk ! et à sa manière encore, c'est à dire dix fois plus effrayante que tout ce que vous avez pu voir.
Après cette transe apocalyptique, le groupe a fini par du ndombolo (tout en continuant à hurler) comme si de rien n'était.
Tokende
A Kinshasa, on prépare le sommet de la Francophonie (12-14 octobre 2012 - il y aura Hollande). Plusieurs grands axes sont donc à peu près impraticables (avenue de la Gombe, avenue Haut-Commandement, d'autres dont je ne retiens jamais les noms).
En face de chez moi, il y a ce grand immeuble qui a été restauré (je crois qu'il devrait accueillir des délégations) et qui, désormais brille littéralement de mille feux, la nuit, sa façade passant du rouge au bleu puis au vert dans une sorte de débauche de lumière digne de Tokyo (si, bien sûr, Tokyo ne possédait qu'un seul immeuble, ce que je n'ai pas vérifié).
Comme à chaque retour, je réfléchis ardemment aux différents voyages que je pourrais entreprendre dans le vaste Congo. Par exemple, prendre comme prétexte un prochain livre avec Brüno, pour me rendre à Gbadolite, ou encore aller enfin à Lubumbashi. Turkish airlines ouvre aussi une ligne Istamboul-Kinshasa, et ce serait pas mal d'aller voir Topkapi quand on vient du pays des okapis.
Fred, Anne, Vincent, mes camarades de galère, sont désormais à Lomé et à Niamey, Nico à Pondichéry, Armelle à Copenhague, et je viens de finir un tout petit recueil de Toussaint* qui écrit :
"A chaque fois que je voyage m'étreint une très légère angoisse au moment du départ, angoisse parfois teintée d'un doux frisson d'exaltation. Car je sais qu'aux voyages s'associe toujours la possibilité de la mort - ou du sexe (éventualités hautement improbables évidemment mais néanmoins jamais tout à fait à exclure)."
*Autoportrait (à l'Etranger) - éditions de Minuit
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