dimanche 2 septembre 2012

Kinshasa is PUNK !

Le sms d'Arnaud 2bal disait : "Ce soir 20h espace Béjarts à Bandal, concert assez novateur car les musiciens sont proches d'une fusion entre hard rock, punk et hip hop, le tout en lingala, les gars sont plein d'énergie, entrée 2000 fc"
Je me suis souvenu de Vincent G., il y a trois ans, quand nous arrivions tout juste à Kin, qui me disait "J'aimerais voir s'il y a des groupes de rock en RDC".
Il y en a un, je l'ai vu ce soir, il s'appelle Kinshasound, et ce sont les pires dingos que j'ai vus depuis Motörhead en 1988 à l'agora d'Evry.
Pourtant, tout avait mal commencé. Lorsque nous sommes arrivés, en fait de concert punk congolais, il y avait, à l'espace Les Béjarts de Bandal, une sorte de défilé de mode pourri qui n'en finissait pas. Puis, les mecs de Kinshasound sont montés sur scène, un guitariste (guitare rose), un mec aux djembés, un batteur et un bassiste. Long morceau introductif, entre pop sage et reggae un peu chiant. Puis deuxième morceau introductif du même tonneau. L'ensemble de la troupe avec laquelle j'étais, décide de lever le camp. Arnaud, un peu désappointé, me dit "Je te jure que ça va péter du feu de dieu". Mais rien à faire, on dégage tous.
Une petite heure plus tard, pris de remords, je décide de revenir tout seul aux Béjarts.
Les portes de l'Enfer m'attendaient.
Je ne sais pas comment raconter ça.
Dans la minuscule cour en terre des Béjarts, devant un petit public constitué de semi-shégués et kulunas, les mecs de Kinshasound (les mêmes que précédemment plus trois chanteurs complètement allumés dans des tenues improbables) étaient tout simplement en train d'invoquer les démons des 8 cercles les plus reculés de l'Enfer. La guitare crachait une rythmique stoner qui venait du fin fond des abysses, basse et batterie martelaient une transe vaudou, et les trois chanteurs hurlaient comme des possédés tout en se vautrant par terre. L'apocalypse au Congo, la fin du monde, l'Armageddon.
Au milieu des hurlements, des larsens, de la bouillie sonore, l'ex joueur de djembé a allumé un carton, et a jeté l'objet enflammé dans le public, mettant illico le feu à la scène, puis les membres du groupe ont détruit l'avant-scène faite de cageots et de planches de bois, se sont roulés par terre, ont grimpé aux murs, se sont jetés par terre.
Deux chansons, 30 minutes de transe punk chamanique, du rock à l'énergie la plus pure (et la plus improbable) du monde !
Kinshasa is punk ! et à sa manière encore, c'est à dire dix fois plus effrayante que tout ce que vous avez pu voir.

Après cette transe apocalyptique, le groupe a fini par du ndombolo (tout en continuant à hurler) comme si de rien n'était.

Tokende


A Kinshasa, on prépare le sommet de la Francophonie (12-14 octobre 2012 - il y aura Hollande). Plusieurs grands axes sont donc à peu près impraticables (avenue de la Gombe, avenue Haut-Commandement, d'autres dont je ne retiens jamais les noms).
En face de chez moi, il y a ce grand immeuble qui a été restauré (je crois qu'il devrait accueillir des délégations) et qui, désormais brille littéralement de mille feux, la nuit, sa façade passant du rouge au bleu puis au vert dans une sorte de débauche de lumière digne de Tokyo (si, bien sûr, Tokyo ne possédait qu'un seul immeuble, ce que je n'ai pas vérifié).
Comme à chaque retour, je réfléchis ardemment aux différents voyages que je pourrais entreprendre dans le vaste Congo. Par exemple, prendre comme prétexte un prochain livre avec Brüno, pour me rendre à Gbadolite, ou encore aller enfin à Lubumbashi. Turkish airlines ouvre aussi une ligne Istamboul-Kinshasa, et ce serait pas mal d'aller voir Topkapi quand on vient du pays des okapis.
Fred, Anne, Vincent, mes camarades de galère, sont désormais à Lomé et à Niamey, Nico à Pondichéry, Armelle à Copenhague, et je viens de finir un tout petit recueil de Toussaint* qui écrit :
"A chaque fois que je voyage m'étreint une très légère angoisse au moment du départ, angoisse parfois teintée d'un doux frisson d'exaltation. Car je sais qu'aux voyages s'associe toujours la possibilité de la mort - ou du sexe (éventualités hautement improbables évidemment mais néanmoins jamais tout à fait à exclure)."

*Autoportrait (à l'Etranger) - éditions de Minuit



samedi 18 août 2012

Ex URSS

"Les trois jeunes femmes du groupe de punk rock russe Pussy Riot ont été condamnées chacune à deux ans de camp, vendredi 17 août, par un tribunal de Moscou, pour "vandalisme" et "incitation à la haine religieuse", à l'issue d'un procès qui a acquis une résonance internationale." Le Monde

Alors, ne tortillons pas du cul :

mardi 14 août 2012

Fatal

"Je sens qu’il se passe quelque chose... Je sens que je transmute... Il faut que tu me donnes les codes de réparation..."


Moebius est mort le 10 mars 2012, tout le monde en a parlé, tout le monde lui a rendu hommage. Du coup, je ne savais pas trop quoi ajouter de plus, aussi n'ai-je pipé mot sur ce blog internationalement lu et reconnu à ce moment-là. Mais quand même, ne pas lui rendre hommage, ce serait idiot tant Moebius a été important pour moi, quand j'avais 15 ans, et que je me suis découvert une passion pour la bande dessinée (grâce à La Déviation, puis Arzach puis Major Fatal). Outre les dernières paroles (rapportées par sa compagne), j'aime beaucoup cette phrase un peu hermétique (comme le garage) tirée de la préface de je ne sais plus quel tome de ses oeuvres complètes aux Humanos : "On peut très bien imaginer une histoire en forme d'éléphant, de champ de blé, ou de flamme d'allumette soufrée."

samedi 11 août 2012

Le chercheur d'or

Rivière Banane, Baladirou, Anse aux Anglais, Anse aux Caves, Caverne Provert, Baie Lascars, Baie aux Huîtres, Pointe La Gueule, Baie Malgache, Baie du Nord, Baie Pistache, Baie Brughé-Rat, Anse Tamarin, Petit Gravier, Trou d'Argent, Anse Bouteille, Mont Limon ...


Je suis allé à Rodrigues.

vendredi 3 août 2012

C'était le Hard-Rock

Cette photo date de 1982 - j'ai 12 ou 13 ans - et elle montre, au premier plan, en blouson en jeans, un garçon prénommé Pierrot et, à sa gauche, mézigues, en t-shirt blanc, en train de "défouler" selon la terminologie en vigueur à ce moment-là.
Un ami d'enfance, dont j'ai retrouvé la trace sur facebook, me l'a envoyée hier soir.
Je ne peux me souvenir précisément de cette journée, mais j'identifie les deux protagonistes principaux (puisque l'un d'eux c'est moi), le lieu (chez Sophie, une copine qui habitait une grande et belle case créole de la rue de Paris, aujourd'hui annexe d'une institution locale), l'année, et surtout les vêtements : le t-shirt blanc que je porte est siglé AC/DC et reprend plus ou moins la couverture de l'album High Voltage (j'avais oublié l'existence de ce t-shirt et c'est la photo qui m'a fait m'en souvenir), le blouson en jeans que porte Pierrot m'appartient aussi, et il m'a accompagné pratiquement jusqu'au lycée (après il a été trop petit). La photo est mal scannée, on distingue pas très bien les décorations qui ornent le blouson, mais moi, je sais de quoi il s'agit : au dessus de la poche droite, il y a un badge presqu'en fer de Motörhead (le skull et le nom dans un rond, et deux ailes se déploient sur les côtés), sur la poche gauche, c'est un badge en fer du groupe Saxon, représentant un aigle aux ailes déployées et le nom dans les serres du rapace. Je ne sais plus quels sont les autres badges, mais je pense que le patch sur la manche droite est soit le bulldozer de Trust, soit le monstre d'Iron Maiden (patch offert gracieusement avec le 33t de The Number of the beast). On ne voit pas le dos, mais il devrait y avoir au niveau des épaules un patch horizontal du Bomber de Motörhead, et en dessous un vaste patch d'AC/DC (le nom du groupe en énorme, en dessous un rond dans lequel apparait la tête d'Angus Young avec des cornes, en dessous encore, écrit en plus petit, "Highway to Hell"). Enfin, j'ai des baskets blanches à scratch, ce qui était très pratique à mettre rapidos.
J'ai 12 ou 13 ans, c'est à dire que je suis presque plus jeune que le dernier de mes fils. D'habitude, quand je tombe sur une photo où j'ai cet âge là, je suis en famille pour une fête quelconque, et ça ne m'évoque rien de particulier. Dans cette photo, je crois me souvenir avec précision quel gamin j'ai été, ce que je,pensais, ce que j'éprouvais, et - c'est ça qui me donne le vertige - je ne suis pas sûr d'avoir tellement changé. Ainsi, c'est donc vrai, on passe vraiment de petit con à vieux con sans vraiment s'en rendre compte.

Je lis de la bd

Voilà ce que c'est que de retrouver sa bibliothèque, on redécouvre des bouquins qu'on a adorés, et on les relit pour voir si c'est toujours bien.


Eh bien, Martiny et Petit-Roulet, c'est peut-être encore meilleur à la relecture. Bruce Predator - le coeur et la boue, et Macumba River sont d'une drôlerie incroyable, et c'est génialement écrit et dessiné.
Je crois que les deux bonshommes ont quitté la bande dessinée depuis pas mal de temps, que leurs bouquins ne sont plus réédités, et que plus grand monde (à part des connards de mon genre) ne se souvient d'eux. Dommage, dommage, parce que c'était de la balle, mec.

Ok, c'est un peu court, je devrais expliquer comme c'est drôle, comme les dialogues sont justes et tout, mais pas zordi.