dimanche 24 avril 2011

De Goma à Boma

Go West, young man, go west !
A un peu plus de 600 kms à l'Ouest de Kinshasa, se trouve la bonne ville de Muenda (Muanda, Mwanda, Moenda, Moanda, toutes les orthographes existent), la station balnéaire perdue du Zaïre, au bord de l'Atlantique, sur ce minuscule littoral du grand Congo, à l'embouchure du fleuve.
Il fallait y aller, il fallait traverser le Bas-Congo, et ses villes mythiques : Matadi et Boma.
La première partie du périple est simple, voire chiante : 6 heures de (bonne) route vers Matadi, à travers des collines arborées un peu monotones, que la seule ville de Banza-Ngungu - ancien nœud ferroviaire du pays - rend un peu intéressante.



Des heures de route, donc, ponctuées de petits arrêts dans des villes ou villages bruyants et animés, qui ne semblent vivre que du passage des énormes camions plus que surchargés que nous croisons, balançant dans les virages.
Ce n'est qu'à Matadi que nous retrouverons le fleuve, puis, la nuit passée, la route reprend pendant trois heures vers Boma, par une boucle un peu bizarre dans la forêt du Mayombe. Le bitume part en plaques, et la conduite devient un peu pénible, mais le décor a changé, et les grands arbres annoncent l'Afrique équatoriale des romans d'aventure.
Enfin Boma, deuxième port fluvial de la province, avec ses gros cargos à l'ancre devant la ville, ancienne capitale de l'Etat Indépendant du Congo du roi Léopold.


C'est beau, Boma. A l'auberge du port, on sirote une Primus sur une magnifique terrasse sur pilotis, en contemplant la rive angolaise en face.


Pas loin, une vieille baraque coloniale abrite les "premières voitures du Congo", c'est à dire trois carcasses rouillées dont il ne reste pas grand chose.



Du Kivu au Bas-Congo, de l'Est à l'Ouest, de Goma à Boma, le pays est vaste disent les Congolais.

Critique 4 - Télérama

Bande dessinée

3

A la veille de partir pour Paris, bac en poche, Mathieu, 18 ans, s'offre une dernière nuit pour faire la fête. Il ressemble à tous les gars de 18 ans qui vont solder leur compte avec l'adolescence mais s'y aventurent à tâtons. C'est tout l'intérêt de cette vadrouille en milieu familier - les copains, la fille qu'on pense inaccessible... - et pourtant vaguement hostile, car rien ne se passe tout à fait comme rêvé.

Sur les pas de Mathieu et de seconds rôles joliment campés, dont le Barjot du titre, cette virée décousue, velléitaire, a un air de déjà-vu, mais cela a rarement été aussi justement raconté. Dans les faux plats de l'action, il se passe toujours quelque chose : situation banale mais pas ordinaire, très réaliste et pourtant un peu déconnectée du réel. Comme cette ville de province déserte qui, au fil de la nuit, est superbement réinventée, entre aperçus trash et échappées surréelles. Tout est en devenir dans un équilibre fragile où les auteurs excellent à saisir instants fugaces et ambiances instables, irracontables, que, pourtant, Mathieu et les autres se raconteront plus tard en les arrangeant un peu...

Jean-Claude Loiseau
Télérama n° 3197 - 23 avril 2011

samedi 16 avril 2011

La nuit des pygmées à Kinsuka

A Kinsuka, chez Délicate, il y a cette statue de sirène qui me laisse songeur :


Mais hier soir, chez Papa Rémy et Papa Carlos, il y avait surtout la soirée "Pygmées".
D'abord Loi-X, groupe de folk-tradi-rap-acoustique :


Puis, ceux qu'on attendait tous, les remarquables Pygmées Bokatola, et leurs chants venus directement du coeur de la Grande Forêt :



Enfin, Bebson de la Rue, tchatcheur invétéré et génial :



A la toute fin, j'étais ivre.

jeudi 14 avril 2011

Pygmées chez Rémy

Demain soir, à 20 heures, les pygmées débarquent dans la parcelle de Rémy, à Kinsuka, pour un concert acoustique de tous les diables. Venez nombreux !

(L'affiche est signée de La Crainte soi-même, mais il ne sera pas là, sauf miracle de la Grande Forêt)

dimanche 3 avril 2011

Stade des Martyrs


Dans le désordre attendu de l'entrée du stade, des gamins nous demandent si nous sommes supporters de l'île Maurice. Je réponds que non, en désignant le petit fanion de la RDC accroché à mon pare-brise, mais je mens à moitié : d'une part, c'est vrai, je supporte les Léopards pour cette phase de qualification de la CAN, parce que le Congo est mon pays africain préféré du monde, d'autre part pourtant, je ne peux que soutenir l'équipe de l'île soeur, qu'est-ce que serait un Réunionnais qui trahirait ainsi l'Océan Indien, et enfin, et surtout, j'en ai à peu près rien à foutre des résultats sportifs, je ne me rends pas au stade des Martyrs pour voir un match de foot, mais pour voir ce qu'il y a autour.
L'ambiance commence aux abords du stade, les gamins du quartier se pressent aux grilles pour tenter d'entrer gratuitement, parfois ça passe, parfois non, et les policiers chicotent. Dans l'immensité des tribunes du stade (c'est la première fois - et sans doute la dernière - que j'entre dans un stade de foot), l'ambiance est bon enfant, les gens chantent, bavardent, commandent des sucrées aux vendeurs ambulants, dansent aussi (dans la tribune face à nous), voire se disputent : un marchand de cacahuètes dont le panier a été renversé par un spectateur indélicat, en vient aux mains, file des torgnoles, sous le regard amusé des badauds (une jeune femme se prend une claque perdue).




Je cherche la tribune des supporters mauriciens, il faut que j'aille leur prêter main forte, car je suppose qu'ils ne sont pas très nombreux dans ce stade de 80 000 places (aux trois-quarts rempli). Ca tombe bien, ils sont tous là, deux rangées devant moi. Tous les cinq.
Je les moukate un peu. Kossa ? Na rien ke cinq mouns pou suport l'île Maurice ? En fait, me disent-ils, il devrait y avoir une sixième personne, mais elle est malade.

Après le match commence. Je suis assez distraitement, parce que j'observe aussi les gradins, où l'activité me semble bien plus intéressante. Heureusement - ou malheureusement - je suis accompagné de quelques copains, vrais footeux eux, qui ne manquent pas de me commenter l'action sur le terrain.



Résultats : Trésor Lualua marque à la 24eme minute. 1-0 pour la RDC. Puis Matumona Roum dans l’axe central, réussit un un-deux avec Yves Diba. Sa frappe du gauche trouve la lucarne droite du portier mauricien. Les Léopards mènent alors par 2-0. (50'). Enfin, alors qu’on joue la 69ème minute, les Congolais bénéficient d’un deuxième penalty, consécutif à un contrôle de la main de la défense mauricienne. Yves Diba le transforme. 3-0, score final. Et il se met à pleuvoir.
(j'emprunte le compte-rendu technique à Radio Okapi).


Mais le fleuve tuera l'homme blanc

Mais le soleil tuera l'homme blanc,
Mais la lune tuera l'homme blanc,
Mais le sorcier tuera l'homme blanc,
Mais le tigre tuera l'homme blanc,
Mais le crocodile tuera l'homme blanc,
Mais l'éléphant tuera l'homme blanc,
Mais le fleuve tuera l'homme blanc.
(Chanson populaire congolaise, fin XIXe siècle)


Trois bonnes raisons d'aimer ce gros roman de Patrick Besson :
- je l'ai acheté à Brazzaville, lieu où se situe la majeure partie de l'action
- le titre est absolument génial
- la première moitié est vive, enlevée, captivante.


jeudi 31 mars 2011

Fan-art

Normalement, sur les blogs des auteurs de bd, les gens envoient des fan-arts trop mignons, des dessins soignés, jolis, faits avec amour. Boulet, par exemple, il doit en recevoir plein, de la part de jeunes filles sorties d'écoles d'art, qui s'appliquent à lui faire plaisir, et qui veulent montrer leur admiration pour ce grand artiste.
Moi, je reçois ça de la part de Bertrand M. (associé à La Crainte pour les couleurs).


Il faut croire que je ne suis pas Boulet, et bon, ça va, ce n'est pas si mal...